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Collection Art de Vivre

Vivre naturellement et paisiblement
LA NAISSANCE


A R T I CL E

par Claire

Apprendre à conduire son accouchement
sans assistance médicale


En 1998, je suis enceinte de notre troisième enfant. Nous passons plusieurs mois près de Briançon, où je participe à des séances de préparation à la naissance avec une sage-femme qui fait des accouchements à domicile. A six mois de grossesse, nous déménageons en Maine-et-Loire. Nous cherchons alors une aide pour une naissance à domicile. Nous trouvons une sage-femme homéopathe pour la préparation à la naissance (yoga, respirations) et les suites de couches. Mais dans ce département, personne n'acceptera de venir nous assister pour un accouchement à domicile. Malgré tout, nous désirons créer les circonstances d'accueil de notre bébé chez nous. C'est pourquoi, nous choisissons de vivre l'accouchement en couple sans aucune assistance médicale.


À cinq heures du matin, je me réveille, je sens que le bébé va venir aujourd'hui. A 7 heures, nous téléphonons à des amis qui viennent 30 minutes plus tard emmener nos deux petits garçons pour s'en occuper pendant la journée. Une heure plus tard naît notre première fille, chez nous, au coeur de notre intimité conjugale. Après la délivrance, nous téléphonons à la sage-femme pour l'informer. Elle viendra dans l'après-midi pour la déclaration de naissance et pour vérifier que tout va bien. En fin de journée, nos deux garçons reviennent, ravis de découvrir leur petite soeur.


Après cela, pour le quatrième enfant, j'ai suivi des séances de préparation à l'accouchement avec la même sage-femme. Mais elle n'est plus venue à la maison, même après la naissance. A partir du cinquième, j'ai assumé par moi-même tous mes autres enfants, depuis leur conception jusqu'à leurs premiers mois, avec la seule assistance de mon mari. J'ai acquis de l'expérience et de l'assurance dans ce domaine, ce qui m'a donné une véritable autonomie, ainsi qu'une confiance en moi et en la Vie.


Je prends la comparaison suivante : pour apprendre à conduire une voiture, au début, l'élève s'inscrit dans une auto-école. Il prend des leçons avec un moniteur ou une monitrice. Une fois qu'il a obtenu le permis de conduire, il va peut-être encore avoir besoin d'assistance à ses côtés : parent, conjoint, frère ou soeur, ami qui sait déjà bien conduire. Il aura peut-être peur de prendre le volant seul. Pourtant, un jour viendra certainement où il prendra sa voiture en toute confiance, avec prudence, mais sans peurs, quel que soit le temps qu'il fait ...


Quand une femme est enceinte pour la première fois, c'est un peu comme sa première leçon de conduite. Elle ne sait pas comment faire, elle ne comprend pas toujours ce qui se passe en elle. Elle va chercher dans le milieu médical (= auto-école) un professionnel (= moniteur ou monitrice) : gynécologue, sage-femme, pour lui montrer, la rassurer avec de l'assistance médicale. Ensuite, si elle a d'autres enfants (= autres leçons de conduite), elle voudra peut-être prendre plus d'autonomie : accoucher chez elle, vivre la naissance de façon plus naturelle. Un jour viendra peut-être où elle se sentira suffisamment autonome pour assumer un accouchement sans assitance médicale (= conduite autonome).


Un conducteur expérimenté garde sa maîtrise même en cas de perturbations météorologiques (= les complications de l'accouchement) : il va mettre ses essuie-glace quand il pleut, ses feux anti-brouillard quand il y a du brouillard, ses chaînes à neige s'il neige, et bien sûr ralentir sa vitesse, faire plus attention. Un conducteur autonome sait qu'à chaque fois qu'il prend le volant, peuvent se jouer sa vie et celle de ses passagers. Il se sent pleinement responsable et a bien conscience que la moindre erreur pourrait être fatale. Je le sais d'autant plus qu'une erreur d'un usager de la route a coûté la vie à ma grand-mère paternelle. Par la suite, mon père s'est montré très réticent à nous laisser conduire lorsque nous ses enfants sommes devenus majeurs. Puis, il lui a bien fallu accepter qu'en prenant notre autonomie, nous ayions besoin de conduire, même si lui et nous savons bien qu'à chaque fois que nous prenons le volant, nous risquons notre vie...


De même, une femme enceinte sait que le jour de l'accouchement peuvent se jouer sa vie et celle de son bébé à naître: C'est pour cela que je prends très au sérieux une préparation à l'accouchement efficace pendant la grossesse. Par ailleurs, je prends des mesures simples mais indispensables pour éviter certaines complications telles que l'hémorragie post partum et la présentation par le siège.


Personnellement, j'ai acquis suffisamment d'expérience (= heures de conduites) pour bien comprendre et assumer ce qui se passe pendant le processus de l'accouchement. Mon parcours m'a donné une maîtrise de la maternité qui me permet de vivre naturellement et paisiblement l'accueil de mes enfants, sans gynécologue, sans sage-femme, sans pédiatre. Même les complications ne me font pas peur. Deux de mes enfants sont nés avec double cordon autour du cou.


J'ai appris à conduire un accouchement comme j'ai appris à conduire une voiture : volontairement, prudemment, intelligemment, consciemment, l'objectif étant que cela se passe en toute sécurité pour arriver à la destination choisie : mettre au monde un bébé pleinement respecté accueilli au coeur de l'intimité de ses parents dans une ambiance de Paix, de Joie et d'Amour. 



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Vivre naturellement et paisiblement la naissance
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